Miamondo

"Dieu n'a pas voulu autre chose que la liberté"

C'est par ces mots du commandant Massoud que je vous accueille sur la version 2.0 de Mi@mondo.

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Ce site est principalement consacré à l'informatique libre (Linux et logiciels open-source, langage Python)  mais également à d'autres sujets qui m'intéressent. Ici, vous trouverez:

Et bien sûr, vous trouverez un cybercarnet (blog, si vous préférez) où je publie des articles sur des sujets divers et variés. Il se trouve juste en-dessous.

Je vous souhaite une bonne visite.

 

Cybercarnet

  • Peut-on rêver d'un nouveau monde sous licence libre?

    Bonjour,

    La révolution française, porteuse de valeurs à destinée universelle, est née en Islande, au coeur des cratères du Laki. Voici à quoi ressemble son berceau de nos jours:

    1280px laki fissure 2

    Oui... La prise de la Bastille fut la conséquence ultime d'un phénomène géologique catastrophique, une éruption de lave et de cendres toxiques qui tua 25 % de la population islandaise avant de s'attaquer au continent européen. Ce n'est pas un invisible virus qui envoya l'ancien régime au tapis, mais une armée de particules à l'origine d'un dérèglement climatique de grande ampleur. Cela s'est passé en 1783 et ce traumatisme écologique engendra un été anormalement chaud, suivi de plusieurs hivers particulièrement rigoureux. Dans le Royaume de France, affamés et n'ayant plus rien à perdre, les "gens qui ne sont rien" prirent leurs faux pour les emmancher droit. On connait la suite...

    Mais moi ce qui m'intéresse, c'est un événement mineur que l'histoire n'a pas retenu: L'abolition de la commission des péages en 1790. Cette agence était, je cite Wikipédia, "chargée de contrôler la validité de tous les droits et péages sur les routes et rivières navigables". Peut-être s'était-elle également donnée pour mission de s'en foutre plein les poches. Allez savoir! En tout cas, elle ne manquait pas de travail puisqu'à cette époque, les péages pullulaient. La conséquence de ce racket organisé était une pauvreté des déplacements et bien évidemment des échanges commerciaux réduits à la portion congrue. Les gueux payaient des impôts deux fois: pour construire les routes et pour avoir le droit de s'y déplacer. C'est-à-dire que LEUR réseau routier ne leur appartenait pas. Eh bien, on peut  faire le parallèle avec les logiciels privatifs. Prenons le cas d'Apple. Cette société, bien pire que Microsoft, ne confère même pas l'accès au BIOS à celui ou celle qui a acheté l'un de ses produits!

    Lequel ou laquelle d'entre vous a déjà acheté une voiture avec un capot soudé pour l'empêcher d'accéder au moteur? Connaissez-vous dans votre entourage un/e abruti/e ayant acheté une maison avec une clause contractuelle précisant qu'il ou elle n'a pas le droit de se lancer dans le moindre chantier de rénovation pour rendre la bicoque conforme à ses goûts personnels? Moi, je n'en connais pas... Cela dit, chaque contribuable s'acquitte docilement de la taxe d'habitation qui, comme son nom l'indique, l'autorise à habiter dans le bien qu'il a acheté ou qu'il loue à fonds perdus. Elle vient s'ajouter à la taxe sur les ordures ménagères (qui, elle, me semble justifiée), et à la taxe foncière qui autorise le vilain à vivre sur le terrain qu'il a acheté et où est bâtie la maison dans laquelle il a le droit d'habiter grâce à la taxe d'habitation. Oui... Dit comme ça, ça parait dingue.

    Je reviens à mon histoire de péages. Aujourd'hui, à l'exception des autoroutes et de quelques ouvrages d'art particuliers, tout le réseau routier est gratuit et libre d'accès. Vous pouvez vous y déplacer comme bon vous semble, moyennant le respect de certaines règles garantissant la sécurité d'autrui. D'une certaine manière, le réseau routier est sous licence libre, et il ne viendrait à personne l'idée saugrenue d'établir des péages à chaque rond-point! Pourquoi? parce que les échanges commerciaux s'en trouveraient fortement impactés et le reste de l'économie avec. Donc, la licence libre est un gage de progrès et de développement dans la mesure où, bien entendu, elle est encadré par des lois garantissant la protection du travailleur et de son environnement naturel. Et de fait, on le remarque avec Linux et les logiciels libres: ladite licence n'a jamais freiné le développement de ces produits ni menacé leur existence. En fait, c'est curieux mais un logiciel libre est un logiciel qui appartient pleinement à son propriétaire. Par conséquent, c'est un logiciel que l'on pourrait qualifier de propriétaire, tandis que les logiciels que l'on qualifie actuellement de propriétaires sont des logiciels privatifs puisqu'ils nous privent de notre liberté d'en jouir comme bon nous semble. Quiconque achète un Mac dans un Apple store, repart avec un produit sous le bras qui ne lui appartient pas complètement, et dont il ignore la composition exacte. C'est un peu commes les fricadelles...

    Bref, on voit bien que les avantages de la licence libre l'emportent sur les inconvénients. Elle ne bride pas les initiatives. Elle n'étouffe personne. Elle est transparente. C'est la raison pour laquelle je suis porté à croire que sa généralisation aurait sans doute un impact positif sur tous les aspects de notre vie sociale. Il faudrait toutefois qu'elle soit mise en application dans un cadre garantissant le respect de la liberté d'autrui, car ce qu'on nomme Liberté, c'est le respect des lois que le peuple souverain s'est donné à lui-même

    Pourquoi alors ne pas instaurer la gratuité de tous les moyens de transports collectifs (bus, trains...)? Certains me diront qu'il faut que je revienne sur Terre, qu'une telle initiative est irréalisable. Je leur rétorque que l'abolition de la commission des péages sous l'ancien régime, était également irréalisable, sous prétexte qu'il n'y avait "pas d'argent magique". Pourtant, en 1790, les révolutionnaires l'ont fait disparaître! Et je ne crois pas qu'à cette époque, José Garcimore eût été le ministre des Transports. L'argent est là, concentré dans quelques griffes. Mieux le répartir n'est qu'une histoire de courage politique.

    Il existe aussi un autre domaine qui pourrait relever de la licence libre: le droit de travailler comme bon nous semble. Cela passe par l'instauration d'un revenu universel versé à chacun/e d'entre nous. Croyez-vous vraiment que cette allocation universelle ferait de nous des larves passant leurs journées à jouer à la console, au fond d'un canapé rempli de gousses de cacahouètes? Moi, je suis persuadé du contraire. Elle nous enlèverait le stress de devoir travailler pour survivre. Elle nous libérerait de ce que j'appelle la dictature industrielle et permettrait à chacun d'entre nous de se lancer dans des projets personnels qui seraient générateurs de richesses. Et quand je dis "richesse", je ne pense pas forcément à l'argent. Quelqu'un qui déciderait de se lancer dans le maraîchage bio et qui distribuerait une partie de ses légumes gratuitement à la communauté, créerait lui aussi de la richesse et du lien social.

    Celles et ceux qui ont appris un métier manuel, comme par exemple les ébénistes, et qui dans une entreprise industrielle, ne peuvent s'épanouir pleinement du fait de la structure même du travail, pourrait enfin s'affranchir et prendre le temps de se lancer dans des réalisations toutes personnelles, des meubles finement ciselés pour eux-mêmes ou pour les autres... des meubles dont les plans seraient sous licence libre. Les mots artisan et artiste ont tous les deux sept lettres et en partagent cinq. Ils ont la même origine étymologique et la même vocation: celle d'engendrer des oeuvres pérennes. Le Beau est aussi ce qui manque à ce monde.

    La culture libre peut très bien choisir de se cantonner aux logiciels et de mener sa petite vie tranquille, à l'écart des malheurs qui frappent l'humanité. Elle peut aussi se donner d'autres ambitions et contribuer à la genèse d'un nouveau monde. Mais elle ne le fera pas sans celles et ceux qui adhèrent à sa Weltanschauung.  Elle ne le fera pas si nous ne réussissons pas à nous libérer de nos peurs.

  • Envole-moi

    Mes premiers pas dans le monde professionnel de l'informatique

    Bonjour,

    Aujourd'hui, exceptionnellement, je mets en ligne un article plus personnel que d'habitude. J'ai hésité à le publier avant de finalement me jeter  à l'eau. Il traitera de mes doutes et de mes espoirs concernant un changement radical de vie professionnelle. Pour des raisons liées à ma santé mais également à cause du coronavirus qui a mis en sommeil toute activité économique, j'ai quitté mon emploi de responsable SAV pour accepter un nouveau poste dans une société d'informatique.


    Je commence le 1er juin 2020. J'ai signé un CDD d'un an qui, à terme, doit se transformer en CDI, si d'ici là, notre civilisation ne s'est pas complètement effondrée, bien évidemment. À quarante-sept ans bien tassés, je suis heureux de me lancer dans ce nouveau défi professionnel mais je suis également rempli d'inquiétude parce que d'abord c'est mon caractère, et aussi parce que je suis titulaire d'un DEUG de lettres. À part deux malheureux certificats de MOOC sur le langage Python et le langage C, je n'ai pas le moindre diplôme en informatique. Toutes les connaissances acquises depuis dix ans, je les ai picorées à droite à gauche et entassées dans mon cerveau, en vrac. J'aime les ordinateurs. J'aime coder. Par conséquent, je pense que je vais bien m'amuser. Cela dit, il va falloir que je fasse preuve de rigueur, parce que je ne coderai plus pour mon simple plaisir d'amateur. 

    Comme je n'avais pas de diplôme en informatique à lui présenter, le recruteur m'a dit de venir avec tous les programmes que je me suis amusé à coder, histoire d'évaluer mon niveau. L'entretien a duré plus de deux heures, dans une ambiance tout à fait détendue. Puis, je suis rentré chez moi, rempli d'espoir car j'avais l'impression d'avoir convaincu mon interlocuteur, et cette intuition s'est confirmée quelques jours plus tard.

    Dans sa forme, cette offre d'emploi à laquelle j'ai répondu, se démarquait de toutes les autres. Elle se terminait par ces mots:

    "Quel que soit votre âge, vous êtes le/la bienvenu/e."

    J'ai été agréablement surpris par cette phrase qui était comme une invitation à pousser la porte. D'habitude, on lit plutôt ça:

    "Tu as envie de potentialiser ton énergie au sein d'une team JEUNE et dynamique? Alors n'hésite pas, envoie-nous ton CV!"

    Jeune... Le mot est lâché. Il faut savoir que le racisme antivieux est le seul qui est non seulement toléré mais carrément promu au grade de valeur-socle de notre civilisation occidentale. Pour mesurer toute l'inhumanité qui se cache derrière ce genre d'annonces, amusez-vous à remplacer jeune par blanc.

    "Tu as envie de potentialiser ton énergie au sein d'une team blanche et dynamique?"

    Tout de suite, ça lui donne un cachet un peu plus "Totenkopf"... Si on décide d'exclure une partie de la population, en l'occurrence les non-jeunes, qu'est-ce qui peut empêcher un recruteur de préciser que son offre ne s'adresse pas aux noirs? Et puis, à partir de quel âge n'est-on plus jeune?

    Deuxième chose qui m'a frappé positivement dans l'annonce à laquelle j'ai répondu: le vouvoiement. Je ne sais pas si c'est la même chose en France, mais ici en Allemagne, la nouvelle mode, c'est le "Duzen", le tutoiement à outrance. Parce qu'on est trop kiss cool et qu'il y a une trop bonne ambiance dans notre openspace rempli de baby-foot, on se tutoie dès le premier contact. J'ai personnellement dit à une responsable RH qui me tutoyait d'emblée, que je ne lui en avais pas encore donné la permission. Ai-je besoin de vous préciser que l'entretien s'est terminé prématurément. Et j'ai remarqué quelque chose de très curieux: même après ma remarque lapidaire, elle n'arrivait pas à me vouvoyer. Cette instruction n'était tout simplement pas présente dans son logiciel cérébral ultra formatée. Le vouvoiement, c'est une marque de respect envers autrui. Tout le monde y a droit. Le tutoiement ne vient qu'après, lorsque le respect mutuel engendre la confiance.

    Rien que le terme ressources humaines est une horreur. Une ressource, c'est une substance dans laquelle on puise. On peut extraire du pétrole mais aussi de la ressource humaine. Nous avons atteint un degré de déshumanisation, dont la plupart d'entre nous n'ont pas conscience. À ce propos, je vous invite à lire  Libres d'obéir, dernier ouvrage de l'historien Johann Chapoutot, spécialiste du nazisme. Il est paru chez Gallimard. L'auteur aurait très bien pu le sous-titrer La victoire des vaincus tant il est clair que le nazisme ne s'est pas décomposé avec la capitulation du Reich. Il a investi le champ managérial pour se diffuser dans les entreprises.

    J'ignore si mon parcours est singulier mais ce dont je suis sûr, c'est que j'ai eu beaucoup de veine de tomber sur cette annonce. Je suis conscient de la chance qui m'est offerte, compte tenu des boulets que je traîne:

    • À l'approche de la cinquantaine, j'appartiens à la catégorie des non-jeunes.
    • Je suis un "Quereinsteiger". Ce mot est difficile à traduire en français. Il signifie quelqu'un qui opère une reconversion professionnelle plus ou moins radicale. 
    • Et pour couronner le tout, je suis atteint d'une pathologie assez grave qui m'oblige à organiser mon quotidien d'une façon bien précise, pour compenser une perte d'autonomie insidieuse et progressive. La société informatique qui m'a recruté est au courant. Je ne l'ai pas caché car ça commence à se voir de toute façon. Malgré tout, elle a décidé de me faire confiance. Depuis, je ne cesse de me demander si en France, dans mon pays, j'aurais vraiment pu décrocher un tel travail dans de telles conditions. Permettez-moi d'en douter.

    Pourtant, en me donnant ma chance, cette société d'informatique m'offre la possibilité de ne pas rester à la maison à me morfondre et à déprimer, tout en étant perfusé aux aides sociales. Elle me permet de conserver ma place dans la société, de bouger, d'être actif, et ainsi de freiner l'évolution de ma maladie. Elle me permet tout simplement d'être un homme qui se sent libre.

    2014 nordwestufer wittow 06

    Source de l'image illustrant l'article: 

  • La boucle infinie expliquée en musique

    Bonjour,

    Aujourd'hui, je ne vous propose pas d'article sur une application turkmène dénichée dans les profondeurs d'Internet ou sur un de mes douteux programmes Python censé calculer le taux d'azote enfoui dans un tas de compost. Non... Aujourd'hui, place à la musique! 


    Hier, sur le journal du hacker, j'ai découvert un article dont la lecture et le rythme ont tout de suite fait naître en moi l'envie d'écouter le Boléro de Ravel. Ça m'arrive assez souvent d'associer des "objets" cérébraux qui n'ont à priori rien en commun. Par exemple, dans ma tête, un numéro de smartphone tel que le 07 11 22 33 44 n'est pas une série de chiffres mais une suite de départements : Ardèche, Aude, Côtes d'Armor, Gironde et Loire-Atlantique. Je crois que cette faculté s'appelle la synesthésie. Par contre, je n'avais encore jamais associé un article consacré à l'informatique avec une oeuvre musicale, mais dans le cas du Boléro de Ravel, à bien y réfléchir, ce mariage n'est pas si étrange. 

    Bolero theme module

    En fait, cette oeuvre lancinante est construite sur le modèle d'une boucle infinie qui s'achève par un écroulement final. Les solistes se succèdent les uns après les autres, tels les variables d'une liste en état d'itération, et chacun d'entre eux va s'évertuer à s'extraire de cette prison digitale sans jamais y parvenir.

    C'est le chef d'orchestre qui a lancé le programme, et c'est le percussioniste, garant du tempo,  qui se charge d'incrémenter la variable "i" à chaque tour de boucle... sauf que Maurice Ravel ne lui a jamais donné les moyens d'arrêter cette dernière. Alors, il frappe sa caisse consciencieusement. Ça commence tout doucement. C'est presque inaudible, et petit à petit, à mesure que la boucle gonfle, ça monte en pression. 

    Pendant ce temps, les solistes se succèdent. C'est la variable flûte traversière qui ouvre le bal, suivie de la variable clarinette puis du basson. Voici la liste complète jusqu'au grand accord dissonant, prélude à l'écroulement final.

    Bolero

    À mesure que les tours de boucle se succèdent, la pression monte car l'orchestre n'en voit pas la fin. Tout comme avec un ordinateur, la boucle infinie dévore les ressources des musiciens et c'est la panique!... Tandis que l'imperturbable percussionniste, dénué de toute humanité, continue d'incrémenter la variable "i".

    Jamais l'orchestre ne parviendra à s'extraire de la boucle. Tout comme un ordinateur dont les ressources sont totalement acaparées, le Boléro de Ravel se termine dans un grand accord dissonant, prélude à l'écroulement final.

    Il n'existe pas de meilleur exemple que cette oeuvre msicale pour expliquer ce qu'est une boucle infinie et la catastrophe finale qu'elle engendre. Notre monde aussi est prisonnier d'une boucle, celle de l'illusion d'une croissance infinie... Les passagers du Titanic ont coulé au son d'un orchestre interprétant Plus près de toi, mon Dieu. Si nous ne faisons pas un break, notre monde coulera sur le Boléro de Ravel

  • DWService, une application de télémaintenance originaire d'Estonie

    DWService est une application de télémaintenance qui nous vient d'Estonie. C'est une alternative libre à TeamViewer. Elle permet entre autre de prendre le contrôle d'un ordinateur à distance.


    Bonjour,

    Je viens tout juste de découvrir qu'il existait une alternative libre et open source à TeamViewer. Ce n'est pas que je me sers de ce genre d'outils tous les jours mais il m'arrive parfois de devoir dépanner à distance, l'ordinateur d'un membre de ma famille ou d'un ami.

    DWService est une application qui nous vient d'Estonie, un petit pays assez singulier puisqu'il s'est converti au tout numérique quelques années après son indépendance obtenue en 1991. Aujourd'hui, l'Estonie est ultra-connectée, à tel point qu'il serait plus judicieux de parler d'elle en utilisant le vocable e-stonie. Pourtant, tout n'est pas parfait dans ce choix d'une société digitalisée à l'extrême. Il y a toujours un risque que les informations numériques des citoyens estoniens soient interceptées par des pirates informatiques, ou exploitées par un régime autoritaire qui réussirait à prendre le pouvoir. Cela reste toutefois une expérience digne d'intérêt et qui a inspiré d'autres pays. Sachez également que l'Estonie paye des hackeurs pour tester la résistance de sa forteresse numérique et corriger les failles de sécurité éventuelles. Il faut juste qu'un orage magnétique ne frappe pas cette petite nation, sans quoi c'est retour direct à l'âge de pierre. Et par les temps qui courent, on sait que science-fiction et réalité peuvent se confondre...

    Dws4

    Bref, c'est tout de même avec une certaine confiance que j'ai testé DWService. Comme je l'ai déjà dit en introduction, il s'agit d'une application qui permet de prendre le contrôle d'un autre ordinateur à distance et ceci, quel que soit son système d'exploitation (Linux, Windows 10 ou Apple). Mais ce qui fait la particularité de DWService par rapport à TeamViewer, c'est que tout se déroule dans le navigateur.

    Alors, comment ça fonctionne? Eh bien, ce n'est pas très compliqué. Sur l'ordinateur qui va être "capturé", il faut d'abord se rendre sur la page d'accueil de DWService avant de télécharger et d'installer dwagent. Si votre système d'exploitation est Windows 10, une fois téléchargé, vous allez exécuter un fichier de type *.exe, tandis que si vous tournez sous Linux, vous allez lancer en root ce fichier : ./dwagent.sh (évidemment après lui avoir conféré les droits d'exécution: chmod +x ./dwagent.sh). En théorie, si je ne raconte pas de bêtises, l'ordinateur qui prend le contrôle à distance n'est même pas obligé de télécharger le fichier dwagent.sh.

    C'est ainsi que j'ai procédé pour tester cette application.

    • Je n'ai rien installé sur mon ordinateur portable fraîchement équipé d'Ubuntu 20.04 Coughing Covid Focal Fossa. C'est lui qui va prendre le contrôle.
    • Par contre, j'ai téléchargé et installé l'application sur mon ordinateur de bureau équipé d'Archlinux. C'est lui qui va tenir le rôle du "capturé". J'ai d'abord créé le répertoire ~/.config/dwagent avant d'y télécharger le fichier dwagent.sh. Puis, dans une console, j'ai rendu le fichier exécutable et je l'ai lancé en root (pas le choix...).

     

     miamondo@archlinux~ $ mkdir ~/.config/dwagent

     miamondo@archlinux~ $ cd ~/.config/dwagent

     miamondo@archlinux~/.config/dwagent $ chmod +x ./dwagent.sh

     miamondo@archlinux~/.config/dwagent $ sudo ./dwagent.sh

     

    Ensuite, le programme m'a demandé de choisir entre trois possibilités:

    1. Installer
    2. Exécuter
    3. Je n'accepte pas (oui, parfois la traduction en français laisse à désirer...)

    J'ai choisi exécuter.

    À la suite de quoi le programme m'a fourni un n° d'identifiant (xxx-xxx-xxx-xxx) et un mot de passe (xxxx). Je suis retourné dans ma cuisine, où j'avais installé mon ordinateur portable. J'ai renseigné ces informations sur le site de DWService, dans la fenêtre intitulée Identifiant.

     

    Dws

     

    Et après quelques secondes, je me suis retrouvé devant cette fenêtre :

     

    Dws2

     

    J'ai cliqué sur écran. Et là, miracle! J'ai vu apparaître le second écran de mon ordinateur de bureau, celui que vous voyez sur l'image ci-dessous:

     

    Dws3

     

    Revenons sur l'image précédente, pas la dernière mais celle d'avant, et cliquons dessus pour l'afficher en taille originale. Vous constatez que vous avez la possibilité d'avoir accès à tous les dossiers et à tous les fichiers. Vous pouvez télécharger ou téléverser ce que vous voulez. Vous avez même une console à votre disposition. C'est très bien mais ce qui me dérange un peu, c'est de voir que l'invite de commande est directement en root. Un petit rm -rf / de la muerte et... Hasta la vista baby! Tout ça pour dire qu'il faut avoir pleine confiance en celui qui prend le contrôle de votre ordinateur. S'il porte un chandail à capuche rabattue sur la tête par-dessus une cagoule, méfiez-vous quand-même... C'est un conseil d'ami que je vous donne. Mais bon... Normalement, il s'agit d'un outil pour les administrateurs. Il s'utilise donc principalement dans un cadre professionnel. Ce n'est pas pour faire mumuse.

    Pour conclure, il existe d'autres possibilités de se connecter et d'identifier les agents dont vous pouvez prendre le contrôle. Tout est expliqué ici mais pas forcément d'une manière limpide, ce qui rend la prise en main de l'application pas toujours intuitive. Petit problème que je n'ai pas pu résoudre: J'ai inversé les rôles. C'est-à-dire que mon ordinateur de bureau est devenu celui qui prend le contrôle à distance tandis que mon ordinateur portable est devenu le "capturé". Dans cette configuration, DWService n'a jamais été en mesure d'afficher l'écran de mon ordinateur portable. Ubuntu utilise Wayland tandis que le serveur X.org est installé sur ma distribution Archlinux. Je soupçonne cette différence d'être responsable du bug. Mais alors, pourquoi cela marche dans un sens mais pas dans l'autre? Je n'ai pas d'explication et j'aurais aimé avoir votre avis sur la question. Mise à jour du 25/04/2020 : Voir l'explication dans les commentaires, à la suite du billet.

    Voilà... Donc, il est clair pour moi que je vais remplacer TeamViewer par DWService mais simplement pour faire du dépannage à distance. Je n'ai pas forcément envie de transférer des fichiers par ce biais.

    Bon week-end. 

     

  • Mon jardin numérique (première partie)

    Bonjour à toutes et à tous,

    Nous sommes au mois d'Avril et malgré le confinage, cela fait plusieurs semaines que j'ai recommencé à jardiner. C'est une activité qui me détend et au moins, les légumes ne risquent pas de me refiler le corolibrius. Un radis, ça ne postillonne pas!

    Même si on jardine pour son plaisir, il est important de planifier et de bien noter toutes les tâches que l'on effectue: 

    • les dates des semis,
    • l'emplacement de chaque légume pour ne pas replanter la même chose au même endroit l'année suivante,
    • les quantités récoltées,
    • etc.

    Pour ce faire, on peut, si on a un minimum de bon sens et si on est un adepte de la simplicité volontaire, acheter un cahier à spirale et un stylo quatre couleurs. C'est un investissement qui ne dépasse pas les cinq euros. Si vous avez un petit peu d'argent de côté, vous pouvez même compléter cet équipement avec une règle en bois.

    Cahier 1

    Quand on maîtrise LibreOffice Calc, on peut se lancer dans la création d'un tableau qui fera tout aussi bien l'affaire et qui vous additionnera les quantités récoltées automatiquement.

    Mais lorsque comme moi, on veut se compliquer l'existence, rien de mieux que de se lancer dans la programmation d'une application pour le jardin. Lorsque celle-ci sera opérationnelle, je réaliserai sans doute qu'elle aura accaparé tout mon temps, jusqu'à en oublier de mettre les pieds dans le jardin. Je constaterai avec effroi que ce dernier sera envahi de plantes adventices. Cela dit, notez que beaucoup de ces plantes qu'on appelle à tort, des mauvaises herbes, sont parfaitement comestibles.

    Bref, j'ai commencé à programmer l'ambitieuse application en utilisant le langage Python et la bibliothèque Tkinter. Vous trouverez le code ici sur mon dépôt git. Veuillez noter qu'il est impératif d'installer le logiciel xrandr sur votre ordinateur. Voici donc à quoi ressemble la page d'accueil:

    Garden

    Sobre et élégante, il s'agit en fait d'un gros bouton. qui donne accès à l'application proprement dite. En-dessous, on trouve un lien vers mon site. Cliquons sur l'image et découvrons la page suivante:

    Garden2

    Quatre boutons qui correspondent aux catégories que l'on peut trouver dans un jardin digne de ce nom, à savoir Légumes, Fruits, Herbes et Fleurs.

    Cliquons maintenant sur l'un des quatre boutons, au hasard Légumes. Une fenêtre s'ouvre. Elle nous permet d'enregistrer notre première espèce, par exemple tomate. Je clique donc sur ajouter un légume. Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir. Une fenêtre surgissante s'ouvre m'invitant à renseigner le nom du légume dans un champ d'entrée. Puis une autre fenêtre surgissante s'ouvre et me demande si je veux illustrer le nom du légume avec une image explicite. Je réponds oui et je télécharge une image. 

    Garden3

    Garden4

    Garden5

    Garden6

    Je clique de nouveau sur légumes et je constate que la page de l'espèce tomate a bien été créée. Je clique sur celle-ci et j'atterris sur la page tomate constituée de panneaux coulissants (paned windows) qui permettent, bien évidemment, de redimensionner l'espace. Sachez que vous pouvez cliquer sur le nom du légume. Il vous conduira directement à la page Wikipedia qui lui est consacrée!

    Garden7

    Il me reste à meubler cette page de panneaux coulissants avec différents widgets qui me permettront d'enregistrer tout un tas d'informations bien utiles telles que les dates de semis, les dates et le poids des récoltes, que sais-je encore? Peut-être que je vais inclure une photothèque et aussi un éditeur de texte pour prendre des notes. Ce sera l'objet de la deuxième partie.

    Garden8