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    Le jour où notre planète s'est révoltée

    Par Le 12/04/2020

    Il n'y a rien de surnaturel dans cette pandémie de Covid-19. Au contraire, tout a été froidement calculé et préparé. Il ne s'agit pas d'une guerre qui a été déclarée contre l'espèce humaine, mais d'une contre-offensive qui s'inscrit dans un acte de légitime défense. Je ne crois ni en la théorie du virus échappé d'un laboratoire chinois ou américain, ni en la théorie du virus introduit par Dieu. Cela dit, j'ai le sentiment que pour une raison qui échappe à notre entendement, nous vivons déjà confiné(e)s dans une sorte de forteresse de l'espace-temps. À l'intérieur de celle-ci, conformément à la volonté de Dieu, nous sommes libres et par conséquent responsables de tous nos actes. Ce qui nous échappe, c'est la raison de notre confinement. Mais lorsque ce mystère sera levé, nous accéderons à l'éternité, c'est-à-dire à la vie hors de l'espace-temps.

    En attendant ce jour, notre magnifique cellule s'appelle la Terre, troisième planète du système solaire. C'est elle qui nous porte et qui assure notre subsistance. Nous ne manquons de rien. C'est un lieu merveilleux dont la beauté nous permet de supporter notre réclusion. Et pourtant, cela ne nous suffit pas. Nous n'avons pas pris conscience du fait que nos conditions d'incarcération sont exceptionnelles. Nous aurions pu être jeté(e)s dans un cachot humide, sans lumière et sans chaleur. Au lieu de cela, nous vivons à la surface d'un astre où la faune et la flore sont d'une richesse infinie.

    L'avènement de la civilisation industrielle  a précédé de peu notre entrée dans l'âge du polymère. Cet événement a marqué le début d'une guerre contre notre planète et l'écosystème qu'elle porte, une "drôle de guerre" que nous n'avons jamais déclarée et dont les générations qui nous ont précédés, n'avaient pas pris la mesure. Aujourd'hui, cette ignorance n'est plus de mise. Depuis au moins deux décennies, nous savons que nous infligeons des dégâts considérables à notre écosystème. Nous discernons que le capitalisme financier va détruire notre monde et tout ce qu'il porte. Continuer à exploiter les ressources comme si de rien n'était, s'apparente à un crime contre l'humanité car nous condamnons nos descendants.

    Le Covid-19 arrive à point nommé pour paralyser notre système. Contrairement à la supergrippe du Fléau, le roman de Stephen King, le coronavirus ne tue pas 99,4 % de l'espèce humaine, mais son imprévisibilité (symptômes bénins ou insuffisance respiratoire nécessitant une ventilation artificielle) provoque un sentiment de grand désarroi. Quel sera mon sort si je suis contaminé? Est-ce que je n'aurai aucun symptôme, ou bien vais-je mourir seul dans une chambre d'hôpital, branché à un respirateur?

    Qui a conçu ce virus? Si ce n'est ni Dieu ni l'être humain, est-ce que ce pourrait être notre planète? Peut-on concevoir que cette dernière soit un organisme vivant doué d'intelligence? C'est une question qui me taraude depuis plusieurs années. Suis-je le seul à me la poser? Je me demande si dans les tréfonds mystérieux de la Terre, bien en deçà du manteau extérieur, le noyau ne renfermerait pas un immense cerveau capable de mettre en mouvement cette architecture sphérique d'une extrême complexité et de réguler d'éventuels dysfonctionnements. Or, comme je l'ai dit dans un paragraphe précédent, il se trouve que le capitalisme financier a provoqué un déséquilibre majeur susceptible à très court terme, de transformer la Terre en astre stérile. On peut dès lors très bien s'imaginer que le système immunitaire de notre planète ait déclenché un mécanisme d'autodéfense afin d'éliminer les métastases humaines qui la ronge. Pour nous, le Covid-19 est un virus. Mais pour notre planète, il s'agit sans doute d'un traitement. Du reste, le terme Covid-19 ressemble plus à un nom de médicament qu'à celui d'un virus.

    Compte tenu du taux de létalité du virus, il ne me semble pas que notre planète se soit fixée comme objectif de nous éradiquer. Il s'agit plutôt de nous forcer à nous arrêter, pour que nous prenions conscience de notre folie suicidaire. Et cette stratégie fonctionne. La pollution s'estompe avec une telle rapidité que pour la première fois depuis 30 ans, l'Himalaya est visible à deux cents kilomètres. Comment croire qu'il s'agit d'un simple hasard lorsque 2019 a été l'année où nous avons véritablement pris conscience du degré de destructions infligées à notre environnement, sans que nos gouvernements osent mettre un terme à cet écocide? Quel chef d'état aurait eu l'audace de dire un beau matin: "Stop! À partir d'aujourd'hui vous avez quartier libre. J'ai décidé d'arrêter les usines jusqu'à nouvel ordre. Seuls les biens nécessaires à notre subsistance continueront d'être produits. J'inaugure une nouvelle ère, celle de la décroissance." Celui ou celle qui aurait osé prendre cette décision aurait été immédiatement destitué(e) et interné(e) en hôpital psychiatrique.

    Dans les livres d'histoire, on se souviendra que c'est un organisme invisible à l'oeil nu qui a mis l'humanité au tapis. On se souviendra qu'en Mars 2020, la Terre s'est révoltée et nous a envoyé non pas son fils mais un virus.

    Texte achevé le 12 avril 2020, jour de Pâques qui célèbre chez les chrétiens, la résurrection du Christ.   

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