Miamondo

révolution

  • Peut-on rêver d'un nouveau monde sous licence libre?

    Bonjour,

    La révolution française, porteuse de valeurs à destinée universelle, est née en Islande, au coeur des cratères du Laki. Voici à quoi ressemble son berceau de nos jours:

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    Oui... La prise de la Bastille fut la conséquence ultime d'un phénomène géologique catastrophique, une éruption de lave et de cendres toxiques qui tua 25 % de la population islandaise avant de s'attaquer au continent européen. Ce n'est pas un invisible virus qui envoya l'ancien régime au tapis, mais une armée de particules à l'origine d'un dérèglement climatique de grande ampleur. Cela s'est passé en 1783 et ce traumatisme écologique engendra un été anormalement chaud, suivi de plusieurs hivers particulièrement rigoureux. Dans le Royaume de France, affamés et n'ayant plus rien à perdre, les "gens qui ne sont rien" prirent leurs faux pour les emmancher droit. On connait la suite...

    Mais moi ce qui m'intéresse, c'est un événement mineur que l'histoire n'a pas retenu: L'abolition de la commission des péages en 1790. Cette agence était, je cite Wikipédia, "chargée de contrôler la validité de tous les droits et péages sur les routes et rivières navigables". Peut-être s'était-elle également donnée pour mission de s'en foutre plein les poches. Allez savoir! En tout cas, elle ne manquait pas de travail puisqu'à cette époque, les péages pullulaient. La conséquence de ce racket organisé était une pauvreté des déplacements et bien évidemment des échanges commerciaux réduits à la portion congrue. Les gueux payaient des impôts deux fois: pour construire les routes et pour avoir le droit de s'y déplacer. C'est-à-dire que LEUR réseau routier ne leur appartenait pas. Eh bien, on peut  faire le parallèle avec les logiciels privatifs. Prenons le cas d'Apple. Cette société, bien pire que Microsoft, ne confère même pas l'accès au BIOS à celui ou celle qui a acheté l'un de ses produits!

    Lequel ou laquelle d'entre vous a déjà acheté une voiture avec un capot soudé pour l'empêcher d'accéder au moteur? Connaissez-vous dans votre entourage un/e abruti/e ayant acheté une maison avec une clause contractuelle précisant qu'il ou elle n'a pas le droit de se lancer dans le moindre chantier de rénovation pour rendre la bicoque conforme à ses goûts personnels? Moi, je n'en connais pas... Cela dit, chaque contribuable s'acquitte docilement de la taxe d'habitation qui, comme son nom l'indique, l'autorise à habiter dans le bien qu'il a acheté ou qu'il loue à fonds perdus. Elle vient s'ajouter à la taxe sur les ordures ménagères (qui, elle, me semble justifiée), et à la taxe foncière qui autorise le vilain à vivre sur le terrain qu'il a acheté et où est bâtie la maison dans laquelle il a le droit d'habiter grâce à la taxe d'habitation. Oui... Dit comme ça, ça parait dingue.

    Je reviens à mon histoire de péages. Aujourd'hui, à l'exception des autoroutes et de quelques ouvrages d'art particuliers, tout le réseau routier est gratuit et libre d'accès. Vous pouvez vous y déplacer comme bon vous semble, moyennant le respect de certaines règles garantissant la sécurité d'autrui. D'une certaine manière, le réseau routier est sous licence libre, et il ne viendrait à personne l'idée saugrenue d'établir des péages à chaque rond-point! Pourquoi? parce que les échanges commerciaux s'en trouveraient fortement impactés et le reste de l'économie avec. Donc, la licence libre est un gage de progrès et de développement dans la mesure où, bien entendu, elle est encadré par des lois garantissant la protection du travailleur et de son environnement naturel. Et de fait, on le remarque avec Linux et les logiciels libres: ladite licence n'a jamais freiné le développement de ces produits ni menacé leur existence. En fait, c'est curieux mais un logiciel libre est un logiciel qui appartient pleinement à son propriétaire. Par conséquent, c'est un logiciel que l'on pourrait qualifier de propriétaire, tandis que les logiciels que l'on qualifie actuellement de propriétaires sont des logiciels privatifs puisqu'ils nous privent de notre liberté d'en jouir comme bon nous semble. Quiconque achète un Mac dans un Apple store, repart avec un produit sous le bras qui ne lui appartient pas complètement, et dont il ignore la composition exacte. C'est un peu commes les fricadelles...

    Bref, on voit bien que les avantages de la licence libre l'emportent sur les inconvénients. Elle ne bride pas les initiatives. Elle n'étouffe personne. Elle est transparente. C'est la raison pour laquelle je suis porté à croire que sa généralisation aurait sans doute un impact positif sur tous les aspects de notre vie sociale. Il faudrait toutefois qu'elle soit mise en application dans un cadre garantissant le respect de la liberté d'autrui, car ce qu'on nomme Liberté, c'est le respect des lois que le peuple souverain s'est donné à lui-même

    Pourquoi alors ne pas instaurer la gratuité de tous les moyens de transports collectifs (bus, trains...)? Certains me diront qu'il faut que je revienne sur Terre, qu'une telle initiative est irréalisable. Je leur rétorque que l'abolition de la commission des péages sous l'ancien régime, était également irréalisable, sous prétexte qu'il n'y avait "pas d'argent magique". Pourtant, en 1790, les révolutionnaires l'ont fait disparaître! Et je ne crois pas qu'à cette époque, José Garcimore eût été le ministre des Transports. L'argent est là, concentré dans quelques griffes. Mieux le répartir n'est qu'une histoire de courage politique.

    Il existe aussi un autre domaine qui pourrait relever de la licence libre: le droit de travailler comme bon nous semble. Cela passe par l'instauration d'un revenu universel versé à chacun/e d'entre nous. Croyez-vous vraiment que cette allocation universelle ferait de nous des larves passant leurs journées à jouer à la console, au fond d'un canapé rempli de gousses de cacahouètes? Moi, je suis persuadé du contraire. Elle nous enlèverait le stress de devoir travailler pour survivre. Elle nous libérerait de ce que j'appelle la dictature industrielle et permettrait à chacun d'entre nous de se lancer dans des projets personnels qui seraient générateurs de richesses. Et quand je dis "richesse", je ne pense pas forcément à l'argent. Quelqu'un qui déciderait de se lancer dans le maraîchage bio et qui distribuerait une partie de ses légumes gratuitement à la communauté, créerait lui aussi de la richesse et du lien social.

    Celles et ceux qui ont appris un métier manuel, comme par exemple les ébénistes, et qui dans une entreprise industrielle, ne peuvent s'épanouir pleinement du fait de la structure même du travail, pourrait enfin s'affranchir et prendre le temps de se lancer dans des réalisations toutes personnelles, des meubles finement ciselés pour eux-mêmes ou pour les autres... des meubles dont les plans seraient sous licence libre. Les mots artisan et artiste ont tous les deux sept lettres et en partagent cinq. Ils ont la même origine étymologique et la même vocation: celle d'engendrer des oeuvres pérennes. Le Beau est aussi ce qui manque à ce monde.

    La culture libre peut très bien choisir de se cantonner aux logiciels et de mener sa petite vie tranquille, à l'écart des malheurs qui frappent l'humanité. Elle peut aussi se donner d'autres ambitions et contribuer à la genèse d'un nouveau monde. Mais elle ne le fera pas sans celles et ceux qui adhèrent à sa Weltanschauung.  Elle ne le fera pas si nous ne réussissons pas à nous libérer de nos peurs.

  • Ébauche d'un nouveau système politique et social

    1. Organisation politique

    • En remplacement du système politique et social hérité de l'immédiat après-guerre et qui n’est plus reconnu comme autorité légitime, il est créé des petites communautés locales comprises entre 500 et 1000 personnes, libres de se fédérer entre elles.

    • La République Française, en tant que construction politique, est démantelée, mais elle continue de subsister dans ses frontières actuelles en tant qu'entité culturelle et linguistique.

    • Chaque communauté est administrée par un conseil communautaire compris entre six et douze personnes désignées tous les cinq ans par tirage au sort.

    • Sauf cas de force majeure (maladie, handicap, absence prolongée etc...), il n’est pas possible de décliner le mandat.

    • La désignation par tirage au sort supprime de fait la parité homme/femme qui est une discrimination positive inégalitaire voire ségrégationniste puisqu’elle est basée sur une particularité physique.

    • Ces conseillers ne peuvent effectuer qu’un seul mandat dans toute leur vie, ceci afin d’éviter toute addiction au pouvoir et à l’argent, source de corruption.

    • En son sein, le conseil communautaire désigne un coordonnateur par tirage au sort et pour un mandat d’une année. Celui-ci ne peut pas être désigné pour un second mandat. Il redevient simple conseiller.

    • Les décisions du conseil communautaire doivent être approuvées à l’unanimité des membres présents.

    • Le référendum est interdit.

    2. Ordre public

    • Le respect des lois que les membres de la communauté se sont données, est l’essence même de la liberté.

    • À ce titre, au sein de chaque communauté, il est créé une garde. Il s’agit d’un corps de police non armé, chargé de convertir les conflits en instaurant les conditions d’un dialogue pacifique. La garde est également chargée de faire apppliquer les lois relatives au respect des biens et des personnes.

    • Les gardiens sont désignés par tirage au sort, pour une durée d’un an et sauf cas de force majeure, ils ne peuvent refuser le service.

    • Toute peine s’effectue en travaux d’intérêts généraux. L’incarcération est exceptionnelle et est réservée aux personnes qui représentent un danger envers elles-même ou envers autrui. Elle est levée dès que le processus de conversion pacifique a sufisamment transformé la personne pour que celle-ci soit libérée et puisse effectuer son temps de réparation.

    3. Alimentation

    • L’alimentation saine des membes de la communauté est assurée par cette dernière.

    • À ce titre, il est créé dans chaque communauté un département de maraîchage biologique et un département d’élevage respectueux du bien être des animaux. Là encore, il revient au conseil communautaire d’organiser ce département de telle sorte que l’autonomie alimentaire soit assurée. À côté du personnel permanent affecté à ces deux départements, tout membre de la communauté se doit de prêter main forte si nécessaire.

    • Qu’elle soit issue de l’élevage ou de la chasse, la consommation de viande ne doit pas dépasser trois cents grammes par personne et par semaine.

    • Tout gaspillage doit être évité. À ce titre, et dans un objectif de sensibilisation à la préservation de l’environnement, la collecte, le tri des ordures et leur revalorisation est assuré à tour de rôle par tous les membres valides de la communauté, sans aucune exception.

    • Tout ce qui peut être réparé le sera.

    4. Système d’échange de biens et services

    • Chaque communauté est libre de mettre en place son propre système d’échange de biens et services. Celui-ci sera géré par une banque communautaire libre de se fédérer avec d’autres banques communautaires.

    • Le prêt à intérêt est interdit. Si une personne veut s’acheter un bien d’une valeur donnée dans le système d’échange local et qu’elle ne possède pas les fonds nécessaires à la transaction, elle peut s’adresser à la banque communautaire qui achètera le bien en question avant de lui revendre avec un bénéfice.

    5. Finances

    • Il appartient à chaque communauté de lever un impôt qui soit juste et modéré. Les finances seront transparentes et les livres de compte accessibles à tout moment et à tout membre de la communauté.

    6. Société

    • À côté des genres féminin et masculin, il est créé un troisième genre pour les personnes présentant une variante physique et/ou psychique par rapport aux deux premiers genres cités.

    • Tous les êtres humains, quel que soit leur genre et leur origine, naissent et demeurent libres et égaux en droits.

    7. Religion

    • Toute personne est libre de pratiquer sa foi sans être inquiétée, tant que celle-ci ne s’avère pas aliénante et qu’elle n’empiète pas sur la liberté d’autrui.

    • Toute personne est libre de changer de religion ou de se déclarer non croyante.

    • En cas de présence de plusieurs traditions religieuses au sein d’une communauté, il sera créé un conseil oecuménique dont les membres seront tirés au sort. Ce conseil, ouvert également à ceux qui n’ont pas la foi, sera en charge du dialogue interreligieux et de l’organisation des rencontres et cérémonies oecuméniques.

    Cette ébauche d’un nouveau système peut être complété par tout un chacun, soit en laissant un commentaire à la suite de l’article, soit en utilisant le formulaire de contact.