Miamondo "dieu n'a pas voulu autre chose que la liberté" (commandant massoud)
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Politique

  • Massoud l'insoumis

    Bonjour,

    L'été dernier, à la faveur d’un déplacement professionnel dans le sud de la France, j’ai découvert dans la modeste bibliothèque de l’hôtel où je logeais, un livre que j’ai dévoré d’une seule traite et qui m’a bouleversé.

    Écrit en 2004 par le Général Philippe Morillon, ce témoignage s’intitule Le testament de Massoud. Il décrit la profonde amitié qui, au-delà de la mort, lie l’auteur avec celui qui était surnommé le Lion du Panshir, je veux parler bien sûr du Commandant Ahmed Chah Massoud.

    Assassiné par un commando kamikaze à la solde d’Al Qaïda le 9 septembre 2001 soit deux jours avant l’attaque sur les tours du World trade Center, cet homme d’une grande élégance, partisan d’un islam éclairé et libre, favorable à une stricte égalité homme-femme, a toujours combattu  les extrémismes qui ont tenté d’asservir son pays, l’Afghanistan. Ni la redoutable Armée Rouge ni les Talibans ne sont parvenus à vaincre les troupes de l’Alliance du Nord commandé par ce fin stratège. Le Panshir n’a jamais été asservi et encore aujourd’hui, cette magnifique vallée constitue un hâvre de paix dans un pays ravagé par quarante ans de guerre. 

    L’auteur, Philippe Morillon, est allé à la rencontre de Massoud l’Afghan. C’est l’histoire de deux militaires, un chrétien catholique et un musulman, tous deux profondément habités par leur foi respective qui ne peut se concevoir sans une adhésion libre et éclairée. Si je devais ne retenir qu’un passage de ce livre, ce serait celui-ci :

    Frères, nous le sommes aussi par la foi partagée en un dieu clément et miséricordieux, c’est-à-dire plein d’indulgence pour ses créatures qu’il a voulu partenaires de son amour, et non simples instruments de sa gloire. Il n’y a pas d’amour sans la liberté fondamentale d’accepter ou de refuser l’autre. Dieu a pris le risque de donner à l’homme la liberté de lui dire “non”. Il ne peut pas nous forcer(…). Le chrétien que je suis, et Massoud le musulman, ont cette conviction commune : dans l’Évangile, le Christ est venu apporter la paix au monde ; dans le Coran, la paix est l’un des noms de Dieu. “Dieu n’a pas voulu autre chose que la liberté, face à tous les intégrismes”, me dit Massoud. 

    Ce livre raconte aussi l’histoire d’un visionnaire lâchement abandonné par toutes les chancelleries occidentales qui n’ont pas voulu entendre ses mises en garde contre l’islamisme radical, ce “nid de frelons”, comme il disait.  Le Lion du Panshir a dit en substance ceci : Si vous ne m’aidez pas à poursuivre mon combat contre cette idéologie mortifère, alors ce ne sera plus seulement le problème de l’Afghanistan mais également votre problème à vous les Occidentaux.

    Les attentats sur les tours du World Trade Center, l’avènement de l’État Islamique et le massacre perpétré en plein coeur de Paris en Novembre 2015 lui ont malheureusement donné raison. 

    En 2001, quelques mois avant son assassinat, le Général Morillon et Nicole Fontaine, Présidente du Parlement Européen, ont eu le courage d’offrir à cet homme, une tribune à Strasbourg, pour lui permettre de convaincre de la justesse de son combat. Quelques jours plus tôt, après avoir atterri à Paris, ni le Président de la République Française, ni le falot Premier ministre d’alors, n’ont daigné le recevoir. Il ne fallait pas froisser le pouvoir taliban en place à Kaboul.

    Ce livre raconte aussi les interrogations de ces deux militaires qui se demandent sans cesse si leur foi, chrétienne ou musulmane, n’entre pas en contradiction avec le métier des armes. De fait, a-t-on le droit de tuer pour des idées? Qu’est-ce qu’une guerre juste? 

    Je me souviens que le sujet de philosophie que j’avais choisi au baccalauréat était celui-ci :

    Violence et vérité sont-elles nécessairement incompatibles?

    Il m’avait beaucoup inspiré… Mais qu’est-ce que la vérité? Est-ce qu’il y a sur cette planète, un seul être humain qui puisse affirmer la détenir? Bien sûr que non… Par conséquent, il n’est pas concevable qu’une guerre soit autre chose que le résultat d’une intime conviction de légitime défense. Le doute ne doit jamais nous quitter. Dans son livre, le Général Philippe morillon raconte que le Commandant Massoud tenait à ce que les prisonniers de guerre, bien que totalement fanatisés, soient bien traités. Cela rejoint l’article 7 du code d’honneur du Légionnaire qui dit ceci :

     Au combat, tu agis sans passion et sans haine, tu respectes les ennemis vaincus, tu n’abandonnes jamais ni tes morts, ni tes blessés, ni tes armes.

    Je n’ai pas honte de le dire, ce livre de militaire, plein d’humanité, car hanté par le doute et les regrets, m’a ému jusqu’aux larmes.  Massoud, cet homme abandonné de tous, qui s’est battu seul avec ses troupes de l’Alliance du Nord contre les fanatismes communiste et islamiste, est devenu une figure vénérée en Afghanistan. J’ose croire qu’après avoir été le repaire du fanatisme, ce pays à la beauté magnétique deviendra le terreau d’un islam modéré et libre.

     

  • Ébauche d'un nouveau système politique et social

    1. Organisation politique

    • En remplacement du système politique et social hérité de l'immédiat après-guerre et qui n’est plus reconnu comme autorité légitime, il est créé des petites communautés locales comprises entre 500 et 1000 personnes, libres de se fédérer entre elles.

    • La République Française, en tant que construction politique, est démantelée, mais elle continue de subsister dans ses frontières actuelles en tant qu'entité culturelle et linguistique.

    • Chaque communauté est administrée par un conseil communautaire compris entre six et douze personnes désignées tous les cinq ans par tirage au sort.

    • Sauf cas de force majeure (maladie, handicap, absence prolongée etc...), il n’est pas possible de décliner le mandat.

    • La désignation par tirage au sort supprime de fait la parité homme/femme qui est une discrimination positive inégalitaire voire ségrégationniste puisqu’elle est basée sur une particularité physique.

    • Ces conseillers ne peuvent effectuer qu’un seul mandat dans toute leur vie, ceci afin d’éviter toute addiction au pouvoir et à l’argent, source de corruption.

    • En son sein, le conseil communautaire désigne un coordonnateur par tirage au sort et pour un mandat d’une année. Celui-ci ne peut pas être désigné pour un second mandat. Il redevient simple conseiller.

    • Les décisions du conseil communautaire doivent être approuvées à l’unanimité des membres présents.

    • Le référendum est interdit.

    2. Ordre public

    • Le respect des lois que les membres de la communauté se sont données, est l’essence même de la liberté.

    • À ce titre, au sein de chaque communauté, il est créé une garde. Il s’agit d’un corps de police non armé, chargé de convertir les conflits en instaurant les conditions d’un dialogue pacifique. La garde est également chargée de faire apppliquer les lois relatives au respect des biens et des personnes.

    • Les gardiens sont désignés par tirage au sort, pour une durée d’un an et sauf cas de force majeure, ils ne peuvent refuser le service.

    • Toute peine s’effectue en travaux d’intérêts généraux. L’incarcération est exceptionnelle et est réservée aux personnes qui représentent un danger envers elles-même ou envers autrui. Elle est levée dès que le processus de conversion pacifique a sufisamment transformé la personne pour que celle-ci soit libérée et puisse effectuer son temps de réparation.

    3. Alimentation

    • L’alimentation saine des membes de la communauté est assurée par cette dernière.

    • À ce titre, il est créé dans chaque communauté un département de maraîchage biologique et un département d’élevage respectueux du bien être des animaux. Là encore, il revient au conseil communautaire d’organiser ce département de telle sorte que l’autonomie alimentaire soit assurée. À côté du personnel permanent affecté à ces deux départements, tout membre de la communauté se doit de prêter main forte si nécessaire.

    • Qu’elle soit issue de l’élevage ou de la chasse, la consommation de viande ne doit pas dépasser trois cents grammes par personne et par semaine.

    • Tout gaspillage doit être évité. À ce titre, et dans un objectif de sensibilisation à la préservation de l’environnement, la collecte, le tri des ordures et leur revalorisation est assuré à tour de rôle par tous les membres valides de la communauté, sans aucune exception.

    • Tout ce qui peut être réparé le sera.

    4. Système d’échange de biens et services

    • Chaque communauté est libre de mettre en place son propre système d’échange de biens et services. Celui-ci sera géré par une banque communautaire libre de se fédérer avec d’autres banques communautaires.

    • Le prêt à intérêt est interdit. Si une personne veut s’acheter un bien d’une valeur donnée dans le système d’échange local et qu’elle ne possède pas les fonds nécessaires à la transaction, elle peut s’adresser à la banque communautaire qui achètera le bien en question avant de lui revendre avec un bénéfice.

    5. Finances

    • Il appartient à chaque communauté de lever un impôt qui soit juste et modéré. Les finances seront transparentes et les livres de compte accessibles à tout moment et à tout membre de la communauté.

    6. Société

    • À côté des genres féminin et masculin, il est créé un troisième genre pour les personnes présentant une variante physique et/ou psychique par rapport aux deux premiers genres cités.

    • Tous les êtres humains, quel que soit leur genre et leur origine, naissent et demeurent libres et égaux en droits.

    7. Religion

    • Toute personne est libre de pratiquer sa foi sans être inquiétée, tant que celle-ci ne s’avère pas aliénante et qu’elle n’empiète pas sur la liberté d’autrui.

    • Toute personne est libre de changer de religion ou de se déclarer non croyante.

    • En cas de présence de plusieurs traditions religieuses au sein d’une communauté, il sera créé un conseil oecuménique dont les membres seront tirés au sort. Ce conseil, ouvert également à ceux qui n’ont pas la foi, sera en charge du dialogue interreligieux et de l’organisation des rencontres et cérémonies oecuméniques.

    Cette ébauche d’un nouveau système peut être complété par tout un chacun, soit en laissant un commentaire à la suite de l’article, soit en utilisant le formulaire de contact.

  • Die Gedanken sind frei (Elles sont libres les pensées)

    Aujourd'hui, j'ai envie de partager avec vous une très belle chanson en allemand dont l'auteur et le compositeur sont inconnus. Elle mériterait de devenir l'hymne européen. En tout cas, c'est un hymne à la liberté de pensée, un chant pour tous ceux qui refusent de se prosterner devant le sinistre drapeau noir de l'obscurantisme.

    Cette chanson s'intitule : Die Gedanken sind frei (Elles sont libres les pensées). Je vous ai mis les paroles en allemand et en français. La photo qui illustre la musique montre Hans Scholl, Sophie Scholl et Christophe Probst, tous les trois membres du réseau de résistance allemand la Rose blanche et guillotinés par les nazis en 1943.

     

     

    Die Gedanken sind frei

    Die Gedanken sind frei, wer kann sie erraten,
    sie fliegen vorbei wie nächtliche Schatten.
    Kein Mensch kann sie wissen, kein Jäger erschießen
    Mit Pulver und Blei : Die Gedanken sind frei!

    Ich denke was ich will und was mich beglücket,
    doch alles in der Still', und wie es sich schicket.
    Mein Wunsch und Begehren kann niemand verwehren,
    es bleibet dabei: Die Gedanken sind frei!

    Und sperrt man mich ein im finsteren Kerker,
    das alles sind rein vergebliche Werke.
    Denn meine Gedanken zerreißen die Schranken
    und Mauern entzwei, die Gedanken sind frei!

    Drum will ich auf immer den Sorgen entsagen
    und will mich auch nimmer mit Grillen mehr plagen.
    Man kann ja im Herzen stets lachen und scherzen
    und denken dabei: Die Gedanken sind frei!

     

    Elles sont libres les pensées

    Elles sont libres, les pensées
    Personne ne peut les arrêter
    Car elles peuvent s’envoler
    Comme une ombre dans l’obscurité
    Personne ne peut les deviner
    Personne ne peut les traquer
    Rien ne peut les tuer :

    Elles sont libres, les pensées

    Je pense ce que je veux
    Et ce qui me rend heureux
    Mais tout ça en silence
    A ma convenance.
    Mon désir, ma volonté
    Personne ne peut les réfuter
    C’est ma réalité :

    Elles sont libres, les pensées

    Et si l’on me jetait
    Dans un cachot profond,
    Aucun mur épais
    Ne sera jamais mon horizon.
    Car toutes mes pensées
    Abattent les murs, elles sont les clés
    De ma réalité :

    Elles sont libres, les pensées.

     

    Rose blanche

  • Les indigènes de North Sentinel

    L'île de North Sentinel est une île située dans l'archipel d'Andaman au large de l'Inde. Elle a la particularité d'abriter une des dernières tribus totalement coupées du monde extérieur : les Sentinelles. Ce peuple de chasseurs-cueilleurs refusent tout contact avec le reste de la planète. Avec leurs flèches, ils repoussent farouchement les pauvres fous qui osent s'approcher trop près de leurs côtes. On estime leur nombre à environ deux cent cinquante. Le gouvernement indien les laisse vivre comme bon leur semble... Il prend bien soin de ne pas perturber leur micro-société vieille de 60 000 ans.

     

    NorthSentinel_Island

     

    Comme elle n'a jamais été occupée par une nation étrangère, le statut de cette île n'est pas clair. En droit international, North Sentinel peut être considérée comme un territoire souverain sous protection de l'Inde. Loin du progrès, à l'écart du monde, le temps ricoche sur les Sentinelles sans jamais les affecter.

    Voici une vidéo glânée sur Youtube où on aperçoit quelques membres de cette sympathique tribu qui a su se préserver de notre folie. Les images ne sont pas d'une grande qualité mais il est difficile de filmer sans trembler lorsqu'on risque de se prendre une flèche en plein milieu du front.